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![]() Situation du gisement du Château (contours géologiques d'après Hubschman 1975a, 15). |
Au cours de ces investigations, l'observation minutieuse des travaux d'aménagement du "Lotissement du Château" sur la commune de Fonsorbes, et plus particulièrement la prospection du secteur décapée pour la voirie, furent à l'origine de la découverte de plusieurs quartzites taillés (4 choppers, 1 nucleus sur enclume, 1 fragment de nucleus, 2 débris et 4 éclats) dont l'attribution chronologique ne faisait aucun doute. La présence d'une station acheuléenne directement menacée par la construction de ce lotissement nécessitait la mise en place d'une opération de diagnostic dans la partie supérieure de la zone constructible. |
Cette intervention menée par l'AFAN (9) et financée par la société FRANCELOT devait permettre de déterminer le potentiel archéologique encore existant, conformément aux prescriptions scientifiques établies par le Service Régional de l'Archéologie de Midi-Pyrénées.

Deux contraintes majeures ont été prises en compte lors de la préparation et le développement de l'intervention archéologique. L'évaluation se déroulant en même temps que les travaux d'aménagement et la surface à prospecter étant relativement réduite - seuls le talus et le lambeau de terrasse situés dans la partie supérieure des parcelles à lotir étaient concernés par cette étude - il fut décidé qu'une semaine de terrain devait permettre d'appréhender de manière satisfaisante le potentiel archéologique du gisement. De plus, dans le cadre des sondages et afin de ne pas pénaliser l'aménageur, le creusement des tranchées ne devait concerner que les secteurs dévolus à la voirie ou aux espaces verts. En effet, une déstabilisation des sols sur les terrains constructibles entraînaient inévitablement une perte non négligeable de la valeur de ces parcelles. Il fut donc convenu de n'intervenir dans ces secteurs que dans l'éventualité où une fouille s'avérerait absolument nécessaire.
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Une pelle sur roues à godet lisse fut mise à disposition par l'aménageur pendant trois jours afin d'effectuer plusieurs sondages de reconnaissance. L'exploration de ces différents périmètres se faisait par des décapages successifs de faible profondeur (5 à 10 cm) sur une largeur de godet au moins. |
| La surface ainsi mise au jour était nettoyée entre deux passages. | ![]() |
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L'observation attentive des déblais s'effectuait dans le même temps, ceci afin de recueillir le maximum de pièces archéologiques. |
| Cette méthode a permis de récolter un certain nombre de pièces in situ et de localiser ainsi l'horizon stratigraphique (interface F0b/F1a) qui contenait les séries archéologiques. | ![]() Chopper en place. |
Ainsi de haut en bas ont pu être caractérisés :
F0a : composé par la terre végétale et un limon brun clair, ce dernier épisode comporte des débris épars de brique rouge ainsi que des galets dont la disposition dans l'espace reflète un réarrangement anthropique. La base de cet horizon est soulignée par des débris de brique plus nombreux.
F0b : surtout dans la tranchée 2, il est possible de distinguer sur environ 10 à 15 cm sous les dépôts F0a une zone argilo-limoneuse non remaniée, homogène, de couleur brun clair. Le matériel archéologique était plus abondant dans ce niveau.
La sédimentation alluvionnaire se réduit ici à deux épisodes :
F1a : sur 20 à 30 cm au sein d'une matrice argilo-sableuse de teinte ocre à rouille se sont déposés des éléments graveleux centimétriques subarrondis et des galets de module moyen (8 à 15 cm). De composition très siliceuse, la majorité est représentée par des quartz et des quartzites grises à sombres. Cet horizon présente un aspect rubéfié par coloration externe des éléments. C'est au sommet de cet couche qu'une partie des quartzites taillés a été prélevée.
F1b : Ce dépôt brun-orangé de 20 à 40 cm, à la matrice argilo-sableuse, comporte une proportion moindre de graviers. Les éléments détritiques de type galets conservent la même taille et la même nature siliceuse. On note toutefois l'apparition de rares galets gneissiques et granitoïdes. Plusieurs d'entre-eux présentent des signes d'altération ferrugineuse centripète donnant à l'ensemble une teinte rubéfiée parfois versicolore et pour les éléments des auréoles brunâtres très sombres.
Le sommet du substratum molassique est composé par :
F2 : l'argile carbonatée gris bleu, plastique, de consistance talqueuse au toucher, évoque une forte proportion de montmorillonite. Cette sédimentation a subi à l'interface avec les venues alluvionnaires une altération marquée par un liseré rouge millimétrique et quelques pisolites.
![]() Eclat en silex. |
Pour cette série, la production prépondérante d'éclats a été principalement obtenue selon une conception discoïde du débitage (utilisation de la percussion directe au percuteur dur). Cependant, cette méthode n'était pas exclusive. La gestion unipolaire ou globulaire des nucléus et le débitage sur enclume ont également été mis en œuvre. Il existe une très nette corrélation entre la morphologie des nucléus et le type de production découverte sur le site : 30 % de la série est constituée d'éclats. Elle caractérise une activité orientée vers l'utilisation de supports légers (bruts ou retouchés). |
| 10 % des produits sont retouchés. Si un outil "lourd" est présent (hachereau), l'industrie façonnée est essentiellement composée de racloirs, de denticulés et de coches. Quelques pièces façonnées diverses viennent compléter cette panoplie. La retouche normale demeure assez marginale. Elle affecte souvent les faces inverses des supports, préservant une partie active corticale. Les galets aménagés, parmi lesquels on notera l'absence de chopping-tools, ne portent que rarement une retouche secondaire de régularisation des parties actives. |
![]() Racloir. |